comme…                  FENÊTRE

 

n.f.

Tout est noir, tout est bruit. « Prochain arrêt St-Maurice », grésille le haut-parleur. Le train de Lausanne enjambe le Rhône dans un long cri métallique, il s’enfonce dans le tunnel. Sifflement des freins, odeur de limaille, il ralentit. Les wagons s’arc-boutent. Des soldats, des jeunes et un prêtre se lèvent. Le train débouche au pas dans la nuit qui n’en finit pas.

Tout de suite il longe un grand bâtiment, un collège. Le collège. Une façade animée de multiples fenêtres. Un grand calendrier de Noël, sorti de la nuit. Une succession de scènes illuminées, à déchiffrer en quelques secondes. L’œil saute de l’une à l’autre, l’œil capte chaque image, l’œil s’étonne, s’intéresse, l’œil enregistre. C’est déjà fini, le train entre en gare, il s’arrête pesamment.

Plus tard l’esprit imaginera toutes ces vies. Tous ces destins fugitivement entrevus. Ces têtes penchées studieusement sur une copie. Ces générations qui ont passé des années derrière ces fenêtres avant de gagner les grandes écoles du pays. Ce collégien qui marchait vers une corbeille. Ce chanoine dont la robe frôlait le sol. Qu’étudiaient-ils ? Avaient-ils déjà déjeuné ? Étaient-ils des internes ? Étaient-ils heureux, loin de leur famille ? Que sont-ils devenus ?

Les lieux sont à découvrir ici et .

Découvrez un documentaire d'archives de 1969 sur l'internat ici.

Abbaye 1500 (c) 2014

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