comme…                  Saints d'Agaune

 

n. masc.

 

Tel que reconnu par Théodule, évêque de Sion, puis raconté par Eucher de Lyon, le martyre de Maurice et ses compagnons est la référence pour la trajectoire de sainteté de plusieurs chrétiens exemplaires dont on conserve la mémoire.

Il y a d'abord tous les saints qu'on rattache à la Légion Thébaine décimée sur la plaine de Vérolliez vers 285-290 : Maurice bien sûr, Exupère et Candide y donnèrent leur vie. Leurs noms nous ont sans doute été transmis parce qu'ils occupaient un rang hiérarchique dans la légion. Victor fut, dit-on parfois, un rescapé du massacre d'Agaune ; il est honoré comme martyr tout comme Ours, son compagnon. Tous deux pourraient avoir donné leur vie à Soleure, où ils sont honorés (saint Victor est aussi vénéré à Genève).

D'autres saints ont des liens avec la Légion. D'abord Félix et Regula – qu'on a dit frère et sœur – qui, après leur passage à Agaune, témoignent de leur foi jusqu'au martyre dans la région de Zurich. Leur souvenir y demeure vivant. Enfin, on dit que Vérène est aussi arrivée chez nous avec les Thébains. Elle subit la prison à cause de sa foi, mais elle mourut en ermite à Zurzach (Argovie) où se trouve son tombeau.

La formule de l'écrivain Tertullien « Le sang des martyrs est une semence de chrétiens » se vérifie à St-Maurice. Avant la fondation monastique de 515, il y avait déjà sur place une communauté dirigée par un Abbé. Celui des années 476 à 507, est le prêtre Séverin à qui sont attribuées plusieurs guérisons (p. ex. celle du roi Clovis). On célèbre chaque 13 février la mémoire de ce précurseur au calendrier des saints de l'Abbaye.

Tous les premiers Abbés sont considérés comme des saints : Hymnémode (515-516), Ambroise Ier (516-520), Achive (520-523), Tranquillin (523-526), et ainsi de suite jusqu'au 7e siècle. La liste des Abbés est faite de 95 noms, sans doute tous vénérables, même si les procédures actuelles de béatification et canonisation n'ont pas été appliquées !

L'initiateur de l'Abbaye, Sigismond, roi de Bourgogne, est lui-même honoré comme un saint après sa mort brutale en 524. Sa vie ne fut pas simple : arien converti à la foi catholique, impliqué dans des conflits familiaux jusqu'à faire mourir son fils aîné, pénitent retiré à St-Maurice où ses reliques sont conservées (châsse de saint Sigismond et ses enfants).

Amé est arrivé enfant à Agaune où il est devenu moine, mais souhaitant une vie de solitude, il créa « 90 m. plus haut » dans la falaise l'ermitage du Scex. Il y vécut de 611 à 614, jusqu'au jour où il fut sollicité pour fonder l'abbaye de Remiremont. Mais le souvenir de saint Amé est resté très vivant, et même mobilisateur pour ceux qui empruntent les 484 marches conduisant à son ermitage !

Comme l'écrit Gian Franco Schubiger dans « Saints, martyrs et bienheureux en Suisse » (Ed.  Saint-Augustin 1999), saint Maurice peut vraiment être considéré comme le premier martyr en Suisse, et donc un saint qui précède les saints évêques de Genève, Lausanne ou Sion. La liturgie de l'Abbaye célèbre le 16 août la solennité de l'évêque saint Théodule et fait mémoire des saints Avit de Vienne et Eucher de Lyon.

Abbaye 1500 (c) 2014

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